« J’adore la mode mais c’est tout ce que je déteste », les pépites récoltées par Loïc Prigent

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Crédit photo : Editions Grasset / Loïc Prigent / Bangumi-Deralf-Benoît Lelong

 

Il est une illustre conception du milieu de la mode qui régit l’imaginaire de notre société. L’emploi du terme imaginaire est particulièrement justifié étant donné son détachement entretenu par le mythe qui en est fait. C’est donc autour du mystère qu’entretient cet univers si particulier que s’est développée notre connaissance à son sujet, nous amenant à nous projeter un monde extravagant et futile gouverné par quelques maîtres de l’art et où le moindre faux-pas devient une affaire d’état.

C’est dans cette excentricité et folie bouillonnante que Loïc Prigent s’épanouit. Considéré comme le journaliste mode par excellence, surnommé « le Mediapart de la mode » par Karl Lagerfeld lui-même, ce fashion reporter livre ainsi par le biais de délicieux documentaires un décryptage savoureux des coulisses des plus grandes maisons de Couture. Son regard affûté et son détachement face à un univers décalé, capitaliste à outrance, dénué de toute notion du réel lui ont permis de gagner les faveurs du milieu bien qu’il en souligne le piquant et parfois la cruauté. Toutefois le ton employé est dénué de méchanceté, il est tendre et affectueux. Loïc Prigent arrive ainsi à rendre intelligible un monde qui se contredit parfois lui-même, soumis à une perpétuelle agitation. Là où certains se contentent de relever l’aberration, il prend le parti de rire d’un milieu qu’il chérit pour son ambivalence et sa frivolité.

Il s’agit de cette déconnexion du normal, cette propension à la surenchère, et cette exacerbation du moi et son paraître qui constituent le terrain de jeu favori de Loïc Prigent. C’est ainsi qu’est principalement nourri son compte Twitter ; de petites perles cueillies au vent lors des events les plus branchés, et dans les QG des fashionistas les plus aguerries. Un carnet et un stylo à la main, il s’exerce à relever avec minutie les répliques et frasques langagières échangées par celles et ceux qui composent le milieu sélect de la mode.

 

Ton manteau est affreux. Tu as oublié que tu faisais partie du monde visible ?

Elle n’a plus d’idées. Son cerveau fait le bruit de la paille aspirant le fond du verre de Coca.

Ce ne sont pas des prix industriels mais des prix émotionnels. on se base sur la valeur que ça aura dans la tête de la cliente.

 J’étais en vacances en Amazonie. La lumière était vraiment nulle.

 

« J’adore la mode mais c’est tout ce que je déteste » compile ainsi quatre ans de pépites perçues auprès de créateurs, stagiaires, rédacteurs, mannequins, clients et autres coutumiers de ce milieu si fascinant et particulier. Ce livre est un hommage tendre au monde de la mode, relevant avec bienveillance et humour les traits de fantaisie et d’hystérie caractéristiques de « l’asile psychiatrique le mieux habillé du monde ».

 

Où le trouver : Fnac, Amazon, Cultura.


Un mot sur l’auteur :

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Crédit photo : Rudy Waks pour Le Figaro Madame

 Loïc Prigent est un journaliste et documentariste spécialisé dans la mode. Passionné par ce domaine depuis son plus jeune âge, il se forme au travers d’un cursus journalistique avant d’atterrir à Paris. C’est en 2005 qu’il est révélé par la série documentaire Signé Chanel qui se penche sur les coulisses de la Maison de Couture éponyme. En 2007, il monte sa propre société de production, Deralf. C’est en 2016 qu’est publié chez Grasset « J’adore la mode mais c’est tout ce que je déteste », regroupant bon nombre de ses tweets humoristiques sur le milieu de la mode.

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